dimanche 19 juillet 2009

I love rock'n roll, so put another dime in the jukebox baby





Plusieurs groupes ce soir au programme du NME tour, plusieurs groupes qui commencent à faire du tapage nocturne : une bande issue du bloc d'à côté bien décidée to get the party started, menée par un Kele Okereke en garçon propret, petit polo pastel sur le dos, chantant les hélicoptères, les banquets et autres sujets alambiqués, des têtes du futur venues qualifiées de post-punk, des tueurs confirmés par quelqu'un leur ayant dit qu'il avait un petit ami qui ressemblait à une petite amie qu'il avait eu en septembre de l'année précédente et un groupe issu tout droit de Leeds dont le debut album Employment et ses rythmes martiaux commençait à résonner dans toutes les oreilles.







Stade de France, 2009.
U2, 360° tour.
Première partie, mon sang ne fait qu'un tour quand je vois apparaître Ricky Wilson sur scène.
Quatre années avaient passé, et les dimensions de la salle de jeux des Kaiser Chiefs avaient changé, au même titre que leurs comparses de tournée de l'époque, Bloc Party, The Futureheads et les Killers.
Le bassiste a conservé son casque capillaire bouclé et volumineux.

Un sentiment de béatitude s'empare de moi au premier riff de guitare, aux premiers coups de baguettes sur le tom et de marteau sur la grosse caisse.

Devant moi il ne manque rien, tout est là : un chanteur mécheux à l'accent banlieusard, un batteur en tee-shirt rayé noir et blanc, une basse qui me prend le bas du ventre et fait remonter tout le reste de la mélodie jusqu'à mon cerveau enivré.

A cet instant plus rien n'existe que la voix du lead singer et les trépignements des instruments.



Au départ, on se cherche un peu, on laisse son lecteur passer sur différents courants musicaux, ingurgiter des mélodies parfois sans saveur. Et puis un jour, on se rend compte que parmi tous les CD achetés avec notre argent de poche d'adolescent, c'est celui de Queen qui bénéficie d'un pass privilégié de choix dans le Discman. Alors on élargit le champ des possibles. On en prend un peu plus, juste pour essayer, un peu pour faire comme tout le monde, un peu parce que c'est à la mode, alors on commence gentiment, avec de la britpop. Sauf que petit à petit, on s'accoutume, et il n'est bientôt plus possible de passer un journée sans se faire un rail de Fender. Trop tard, il n'est plus possible de décrocher.





Le fait de partir vivre un an Outre-Manche n'améliore en rien les choses, il les amplifie. De la Students' Union au Barfly en passant par les petits clubs indés, on voit le meilleur comme le pire. Mais souvent le meilleur.


Car c'est comme ça, ça relève un peu de l'inexplicable, mais il existe une vibe au UK qu'il n'existe pas ailleurs. Quelque chose qui relève de l'irrationnel. Un don pour rendre la moindre mélodie efficace. Pour transformer le moindre "You can't run, you can't hide" en succès assuré. Car soyons honnêtes, les Beatles ont dû à l'occasion faire se retourner Lord Byron dans sa tombe avec certaines rimes faciles et histoires simplistes.
"Chéri tu peux conduire ma voiture, oui je serai une star, chéri tu peux conduire ma voiture, et peut-être je t'aimerai".
Pour autant, ils restent l'auteurs de petits bijoux du patrimoine mondial de la musique et c'est vers eux que je me tourne naturellement when I need to cheer up a bit. On se sent un peu en sécurité à travers cet héritage mélodique transmis par un paternel qui regrette de ne pas avoir pu avoir la même coupe de cheveux dans les années 60.


Ce sont ces filles qui se pâmaient devant les quatre garçons dans le vent à la moindre apparition, les mêmes que l'ont retrouve débarquer un samedi sur deux sur le boat that rocked.
Car il faut reconnaître au rock cet aspect libidinesque indéniable.
En ce qui me concerne, l'effet est démultiplié quand il s'agit d'un groupe britannique.
Des Who aux Franz Ferdinand, des Stones aux Arctic Monkeys, tout ce qui commence par "The" et vient d'un pool de villes comprenant Londres, Leeds, Liverpool, Sheffield, Glasgow et autres a le don de me faire frémir et oublier tout ce qui m'entoure. En clair, si vous voulez me conquérir facilement, emmenez-moi voir The-Whatever-comes-from-UK-and-rocks et vous aurez de bonnes chances d'arriver à vos fins. Et si vous êtes vous-mêmes un rockeur brit, je donne alors aussi cher de votre peau qu'aux animateurs radios assaillis de groupie en Mer du Nord.





On l'aime provocant et contestataire, glam et pailleté ou en jean déchiré et tee-shirt vintage, théâtral ou minimaliste, à la voix cassée qui se déchire en des sursauts électriques sur la scène de Woodstock, ou voilée en concert acoustique intimiste, on l'aime sur nos tee-shirts et nos badges d'ados attardés, sur les reflets des lunettes de Manoeuvre ou Eudeline, on l'aime quand Alex Kapranos et sa bande font trembler le sol de la Cigale, on l'aime quand il nous excite et quand il nous fait pleurer, quand il fait briller nos yeux en nous raccompagnant de nos soirées, puis nous enserre et nous prend finalement le corps tout entier contre le mur , quand il nous fait danser, trépigner, taper du pied, secouer la tête, les hanches la taille et tout le reste du corps encore et encore, de plus en plus fort, jusqu'à ce que le crescendo nous emmène de plus en plus haut, jusqu'à ce qu'on s'y accroche comme la seule chose qui puisse subsister, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un cri, une note en suspens, une moiteur infernale.

5 commentaires:

  1. Ca c'est très net: seuls les brit savent faire ça. Un concentré d'énergie, de sexe et de débauche.

    Dans les ville, tu as oublié Bristol, la Mecque de ce son qui transcende l'héritage, qui suggère un réchauffement climatique en ajoutant, au champ des possibles, les mathématiques musicales des samplers et autres BAR.

    parce que quand même, Bristol est une ville assez tristes, assez mélancolique et assez Empire pour enfanter Massive Attack, Tricky et les banlieusards de Portishead... Des dinosaures désormais, quinze ans plus tard. Ils ont fait entrer les jazz et la soul dans la pop, pas la sub pop, la sad pop bien prégnante avec ce petit coté "nasty" de la saturation de la basse.

    Et ça, je te jure, il faudrait que ça revienne.

    Mais sinon, pour les autres, les vibrations sont universelles, rattle and hum comme on dit.

    On s'y croirait.

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  2. C'est vrai, bien que je n'ai jamais trouvé que Bristol soit une ville réellement triste, comparé aux villes minières, mais tu as bien fait de rectifier le tir en la mentionnant!

    C'est pour ça qu'il faudra que j'aille à Glasto un de ces 4, pour cette énergie!

    http://astreelaplumeepicee.blogspot.com/2009/09/il-est-un-festival-ou-jaimerais-un-jour.html

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