lundi 26 juillet 2010

Neighbourhood threat

Petite note qui traînait sur un coin du bureau depuis un peu plus d'un mois...

 
I love my neighbours, ça sonne un peu comme une série américaine qui passerait le samedi matin et qu'on regarderait le nez plongé dans notre bol de corn-flakes.


Le genre de séries qui mettrait en scène la vie d'une petite famille tout ce qu'il y a de plus normale, avec l'adolescente qui ne demande qu'à esquiver les avertissements de son père, et un petit frère un peu teigne mais attachant, qui termine toutes ses semaines en retenue et drague les copines de sa soeur.

Les I love my neighbours, c'est un peu ce genre de garnements.

Jérémy et William débarquent, un peu insolents, un peu affolants pour nous jouer leur petit tour de piste, tels deux petits minets beaux gosses, qui se pavanent sur la pelouse du lycée pour épater la galerie.

Sauf qu'en fait, les margoulins sont vraiment bons, parvenant à transmettre, par une simple session acoustique, l'énergie d'un live de baby rockeurs brit pas si baby, mécheux mais non moins talentueux.

A coup de David Ghetto et de voix haut perchées, ils se mettent en scène dos à dos, jouent les cabots des jardins publics, et terminent leur set en reprenant du Christophe Willem.

Au final, on a un peu l'impression de s'être posés à l'intercours de midi avec deux potes qui auraient le don d'exaspérer un prof de physique ne cessant de les reprendre pendant qu'ils tentent des expériences hasardeuses avec tout ce qui se trouve devant eux.

Mais la formule marche, elle est explose aux oreilles et au final, toute la classe en redemande.

A la fin, on serait bien partis faire un bowling avec eux avant de manger des pizzas retrouvées froides sur la moquette de leur chambre d'étudiant.


Neighbors, neighbors, neighbors
Have I got neighbors?
Have I got neighbors?
All day and all night
Neighbors
Have I got neighbors?
Ringing my doorbells
All day and all night
Ladies, have I got crazies?


I'd love those bloody neighbours.


http://www.myspace.com/thefuckinneighbours
Crédits photo : Claire Dori

lundi 19 juillet 2010

1, 2, 3, apple tree

"And then you're like, "David, it's like one, two, three"
as you're climbing barefoot on the apple tree".






Pomme de reinette et pomme d'api, faisons un brin de causette, laissez tomber vos applis.


Vient l'été et le temps des billets plus légers, sur les modèles de ces numéros spéciaux de magazines qui abandonnent les sujets de société traditionnels pour se tourner vers des thèmes plus insouciants et abordons, après les plagistes l’été dernier, une nouvelle catégorie masculine : les iBlokes.


Le 7-8 m'a accueillie il y a de cela quelques mois, me faisant hôte de ses journées versaillaises.
Versailles, son RER et ses touristes que je redirige soir et matin vers le Château, Notre Dame et la Tour Eiffel, et ses ingénieurs en informatique qui descendent à Issy Val de Seine.

Versailles et ses groupes électro.
Phœnix, Daft Punk, Air, la ville était plus tendance qu'il n’y pouvait paraître.

Versailles et son Apple store, qui y avait fait son nid il y a peu.


Et un constat qui s'impose : Apple avait en main une carte imparable pour appâter le chaland yvelinois : ses vendeurs.

Je me demandais si Apple avait crée une convention collective ad hoc, autorisant la discrimination positive à l’égard de ses employés en boutique aux fins qu’ils soient tous beaux, jeunes et fringants.


J'ai été élevée à la culture apple.
Non par boboïsation précoce, ou branchitude douteuse, mais parce que c'est comme ça.
J'en étais à l'époque assez fière, alors que la plupart des parents de mes camarades de classe avaient des PC avec des caractères blancs qui s'alignaient sur des écrans bleus, et des moniteurs ayant pour mascotte un crocodile.


Puis, à la fac, les pommes McIntosh ont commencé être de plus en plus présentes sur les tables des bibliothèques universitaires.

Alors qu'utiliser un mac était quelque chose d'assez alternatif, cela devenait mode, d’autant plus lorsque se sont faits jours les i-produits.


Apple misait sur le glamour et remontait la pente pour finalement exploser les ventes.

Apple ou la marque des geek beautiful people.


Assurément, Steve Jobs pouvait se vanter de savoir vendre sa marque.


Achetez un PC, et qui aurez-vous la chance d'avoir pour interlocuteur?


Un jeune commercial de chez Connexion, chemisette jaune et gilet vert, gourmette apparente et cheveux en brosse.

Achetez un mac à Versailles, et vous souriront deux vendeurs amènes aux costumes bien coupés.


Se faire faire un devis par le sosie de Jason Statham est moins difficile à avaler que par Roger Milleperthuit de chez GiFi.

Il est bien loin, le temps des geeks aux cheveux longs et tee-shirts informes!


Je me demandais s'il s'agissait d'une exception propre à la ville du Roi Soleil.


Alors que je passais dans le quartier du Louvre, je décidai de pousser le journalisme d'investigation jusqu'à l'Apple store du Carousel.


Mes mains pianotant le dernier-né de la gamme, auprès d'un client aux faux airs de Jake Gyllenhaal mode geek, je devais me rendre à l'évidence : Apple savait ménager sa clientèle féminine. Certes, l'équipe, un poil jeune, ne portait pas le costume mais des tee-shirts bleus. Cependant elle ressemblait à tout sauf à la promo 1994-1995 de l'IUT forces de vente informatique.


Après tout, la marque était devenue la reine du placement de produit, de Carrie Bradshaw à Wall-E en passant par la moitié des séries télévisées et autres productions américaines.

Etre Apple c’était être beau et cool.




De ce côté, je n’avais rien à reprocher à mes vendeurs aux allures de jeunes cadres dynamiques et plein d’avenir, qui apportaient un peu de charme aux vitrines versaillaises, plus enclines à séduire la sage mère de famille nombreuse que la jeune citadine.

L'un - appelons-le Armel - semble sorti tout droit d'une école de commerce parisienne, un peu jeunesse dorée qui aurait voyagé à travers le monde et fini par poser ses valises pour se trouver un "vrai travail" et répondre aux espérances familiales de réussite. Le genre gendre idéal et qui présente bien.

L'autre - appelons-le Karl, le Jason Statham lookalike (en plus gentil néanmoins, car Jason Statham, faut pas trop le chercher), yeux bleus et sourire faussement timide ravageur, que l'on verrait bien moniteur de planche à voile pour jeunes filles à qui on imposerait des vacances en famille, et qui dessineraient des petits coeurs dans leurs carnets intimes le soir venu.

C'est injuste, ça vous pousse à la consommation des gens comme ça.

Ce qui est formidable avec Google, c'est que l'on retrouve ces garçons aussi facilement que l'agenda de l'Elysée, quand on a dix minutes à perdre entre deux dossiers (Oui, à Versailles parfois, on s'ennuie un peu).

C'est un peu comme si, juste en tapant le prénom de votre fleuriste préférée, vous retrouviez instantanément les photos de sa dernière soirée.

Quelque part, cela ne vous intéresserait pas vraiment.

Elle doit rester la fleuriste, dont on veut imaginer la vie, mais non la découvrir.

Un peu comme ces boys band qui prétendaient tous être célibataires, ou Ricky Martin qui voulait nous faire croire qu'il aurait vraiment pu se faire Maria.

Tout cela, on ne veut pas le savoir.

Comme les hommes attendent de leur boulangère qu’elle soit douce et chaleureuse, et de leur fleuriste qu’elle soit fraîche comme la rosée, on attend d’un vendeur Apple qu’il ait un design impeccable, pour pouvoir le sortir fièrement auprès de ses amis, qu'il ait l'air en bonne santé et exempt de tout virus.

Les filles, à votre prochain passage à Versailles, si vous avez une once d'hésitation sur le fonctionnement de votre laptop, passez voir Karl et Armel, un joli sourire, c'est toujours bon à prendre pour la journée.

Et puis moi, si je peux me faire de nouveaux iPotes, ce sera toujours ça de pris.



One apple a day keeps gloomyness (and Microsoft) away.


dimanche 11 juillet 2010

Les fraises de la Fiancée










Enfin seule.


Assise en terrasse, faisant face à un fromager qui faisait recette en ce dimanche matin, elle appréciait cette chaise à présent vide à ses côtés.


Sa nuit s'envolait dans une dernière volute de fumée.


Tout ce qu'il en restait désormais, c'était un mégot nauséeux écrasé de ses doigts fins et parfaits dans un cendrier Pernot Ricard.


Il avait cru bon de lui faire une scène devant le café.

Elle trouvait cela d'un goût douteux, et surtout tellement surfait. Elle avait passé l'âge des drames. D'ailleurs, d'aussi loin qu'elle se souvienne, elle ne l'avait jamais eu. Elle ne comprenait pas ce besoin que tous avaient de vouloir chercher causes et circonstances à ce qui n'avait pas plus de logique que le chemin que prenait une goutte de pluie en tombant sur un toit.


"Désolée, je voulais t'aimer, j'ai essayé..."


Elle aurait aimé être romantique, mais ils ne lui en avaient pas laissé le temps.


Pourtant, les yeux absorbés par le tourbillon de crème de son café noisette, elle se voyait tourner, tourner encore dans une valse infinie, se laisser emporter par le courant.


En regardant au loin ce couple panier à la main, elle aussi rougissante que les tomates qu'il lui présentait, lui prévenant chevalier aux armoiries bio, Calixte se disait que cela ne lui déplairait pas.


Qu'un jour elle aussi respirerait des humeurs florales au petit matin.


Elle n'avait juste pas encore pu adouber le prétendant qui saurait être digne d'accompagner son caddie. Celui qui viendrait la convaincre d'acheter des fraises parce que si, c'est la saison, et que ce serait parfait pour achever le déjeuner dominical.


Cela faisait des années qu'elle n'avait pas mangé de fraises au dessert.

Pourtant, elle aimait cela quand elle était petite.

Mais aujourd'hui elles lui paraissaient un peu fades. Le goût de la ville peut-être.


Ces modèles de couples parfaits, sortant assortis le dimanche l'exaspéraient et lui faisaient envie.


Elle aussi, elle aurait aimé pouvoir se parer d'un précieux fiancé, coordonné à son éternel imperméable beige et à son regard un peu mystérieux, un peu mutin et intimidant à la fois, à peine effleuré par sa frange quidonnait juste ce qu'il fallait de gravité à ses yeux.


Elle incarnait le paradoxe de ces nouvelles filles, qui semblent parfois pécher par excès d'indépendance et de détachement, et osent à peine s'avouer qu'elles aussi cherchent leur parfaie épiphanie. Peut-être trop parfaite, de ces perfections qui n'existent pas.


Le romantisme de gare et ses mots trop faciles la déprimaient, trop accessibles, trop vendeurs. Elle voulait du Jane Austen, de l'amour courtois puis passionné, des déclarations au crépuscule au bord d'un lac.

Elle voulait une virilité élégante et assumée. Du victorien en plein Paris, du victorieux Pâris qui l'enlèverait à son quotidien.

Pas une de ces pâles copies au goût artificiel de masculinité, qui n'ont d'homme que l'étiquette de leur blouson mais rien de solide dans les talons.


Elle avait assez supporté de Münchhausen qui simulaient, de mal-aimés qui se cherchaient, d'artistes qui ne se trouveraient jamais, de reconversions avortées.


Elle voulait du solide pour pouvoir être portée à son tour.


A sa gauche, un client venait de renverser son café.

Il avait l'air maladroit. Il avait l'air de rien.


Elle n'avait même pas remarqué que quelques gouttes étaient tombées dans son cabas.


Confus, il avait prestement retiré l'accessoire pour le poser sur un tabouret, avant même qu'elle ne s'en rende compte.


C'était idiot, mais il avait un peu pris en main sa vie, pendant quelques secondes.


La rue sentait maintenant les fleuristes et les fruits d'été, les melons d'eaux et les azalées.


D'un seul coup, elle avait envie de partir faire le marché pour acheter des fraises pour le déjeuner, qu'elle saupoudrerait de sucre cristal.


http://www.deezer.com/fr/#music/la-fiancee

lundi 5 juillet 2010

Green Pizz', les That's All Folks et Gary font leur Bringue de la Musique!


Qui dit 21 juin dit fête de la musique, rues envahies de reprises plus ou moins heureuses de U2, groupes d'un jour et arrangements d'une nuit.

Un jour jour de juin, trois beaux garçons dans le vent ont eu l'idée d'allier l'écologie à l'agréable.

Ils auraient pu partir munis de leurs plus beaux sacs poubelles, pour ramasser les détritus dans les parcs et jardins de la capitale.

Mais, un 21 juin, c'était peine perdue.

Alors ils ont organisé une grande bringue de la musique bio.


Pouvait-on seulement être rock and bio?

Après tout, Keith Richards se plaît désormais à grimper aux cocotiers, et Sting a adopté Raoni, chef des Indiens Kayapos, comme best friend forever since 1980.

De Green Day en passant par Nick Cave et ses Bad Seeds, il y avait bien quelque chose à gratter du côté de Mère Nature qui pouvait faire rock'n roller la rue Cadet.

Et puis, les herbes aromatiques n'étaient-elles pas le terreau des plus grandes envolées psychédéliques de ces dernières années?

Alors que je me mettais en route pour le IXème arrondissement, mon cerveau se mutait en un Grenelle de la fête de la musique bio.

Nous aussi, nous devions dénoncer.

Pourquoi Bibifoc n'était-il jamais intervenu pour défendre Brigitte Bardot face aux accusations de Balkany?

Pourquoi nous a-t-on toujours dissimulé la vérité sur la gémellité de Hulk avec Géant Vert?

Trop de choses nous étaient cachées, aussi nous nous lancions ce grand concert caritatif, alliant Green Pizz (dont aucun des associés n'a été harponné avant la fin de la soirée, nous pouvons en certifier), les That's All Folks et Gary.

Quelques red hot chili peppers, des concombres masqués, un peu de rasta rockette, le tout sur un lit de folk et d'amplis qui montent jusqu'à 11, et le tour était joué.


Et puis, cerise sur le gâteau, ou plutôt mozza sur la pizza, après avoir bien chanté, j'ai pu personnellement me rassasier d'une All Green. L'évidence était là, next year, let's stay together!


Merci une nouvelle fois aux fringants Philippe, Armel et Alex de nous avoir accueillis, à Nico le joueur de flûte de Hammelin d'avoir pris plein de très chouettes photos et à Léa de nous avoir rejoint sur scène.











Crédits photo : nicknolt sur flickr
Le reste des photos de la soirée est consultable sur flickr.

mercredi 17 février 2010

This bloody Valentine...

Billet de Saint Valentin un peu en retard, mais billet de Saint Valentin quand même.
Et qui plus est, un billet musical, à lire avec soundtrack.


A onze heures, Interflora viendrait sonner pour lui livrer un bouquet d'hortensias. Ce n'était pas ce qu'il y avait de plus romantique, mais c'était ses préférées. Tenaces dans l'adversité et le froid, variant du bleu glacial au rose fané mais tendre.



Puis, vers quatorze heures, elle irait chercher une boîte de chocolats dans cette boutique franchisée du quartier. Elle y ferait sans doute ajouter quelques pâtes de fruit. Ce n'est pas aphrodisiaque, mais c'est doux, c'est sucré, et cela chatouille un peu la langue et le palais.


Cette année, elle avait vingt-neuf ans.
Cette année, elle ne passerait pas la Saint Valentin seule.


Armelle n'était pas très jolie. Pas un laideron non plus, mais on ne se retournait pas spontanément sur son passage, sauf quand, absorbée par la démarche d'un de ses congénères à l'allure bien trop sophistiquée pour elle, elle trébuchait sur un pavé ou n'embrassait qu'une poubelle qui se trouvait sur son passage.


Elle n'avait connu que deux garçons. Le premier, par moment de faiblesse éthylique, qui avait réprimé au réveil, un sursaut de dégoût, pour ne jamais la rappeler.

Le second, dans le lyrisme d'un couloir de métro. Elle se disait d'ailleurs qu'il ne comptait pas vraiment, dans la mesure où elle n'avait pas été très consentante à la chose.


Il y avait eu Jorge aussi. Comme elle ne savait pas rouler les [r], ni les [j] d'ailleurs, elle l'appelait juste Georges. Il n'est que deux cas dans lesquels il est envisageable de trouver le prénom Georges séduisant. Quant il est suivi de Clooney et d'un expresso, ou quand il est hispanisé. Jorge était tombé éperdument amoureux d'Armelle. Un de ces garçons sensibles, qui envoient des textos se terminant systématiquement par des points de suspension.

Traditionnellement, les points de suspension masculins traduisent l'incapacité de prendre une décision, ou d'assumer les mots qui pourraient suivre :
"On se voit ce soir?... [tu me manques]".
"On se voit ce soir?... [J'ai ma main droite qui est au bord de la tendinite]."
"Non désolé ce soir je peux pas...[Tu commences vraiment à être collante et de toute façon je revois mon ex ce soir]".
"Oui allons chez ta sœur si tu veux...[mais si ça ne tenait qu'à moi on resterait devant « 24H » parce que franchement le mec de ta sœur est un gros beauf]".


Sa non-histoire avec Jorge remontait sans doute aussi loin que le dernier JT d'Yves Mourousi.


Elle en avait eu entre temps des histoires, mais il ne s'agissait que de fictions qu'elle entretenait du fond de son lit. Elle dormait en alternance de chaque côté de ce dernier, pour le maintenir équilibré.


Il y avait bien eu Benjamin, mais ce dernier ne l'avait jamais recontactée après leur première nuit ensemble. Elle lui avait demandé au petit matin si elle avait été bien. Cela faisait longtemps, alors elle voulait faire un petit bilan de compétence, un peu comme une personne qui aurait longtemps été invalide, et à qui on refait passer le permis pour être sûr qu'elle ne sera pas danger public sur la route.

« Ecoute, je ne vais pas te mentir, tu as des progrès à faire. Mais entendons-nous bien, tu n'es pas un mauvais coup pour autant. Je dirais que tu es moyenne. Un peu comme une occasion qui roule correctement, mais sur laquelle il faudrait ajouter quelques options, faire quelques mises à jour ».

Comme Armelle n'avait que très peu d'estime d'elle-même, elle prit la remarque de façon plutôt positive.

« Alors, on va se revoir? » s'enquit-elle.
« Non je ne pense pas non. Tu comprends, Armelle, - elle sentit immédiatement qu'il s'apprêtait à lui réciter un discours tout fait, qu'il balançait aux filles qui s'attachaient un peu trop le matin venu - nous avons passé un moment sympa, une nuit un peu hors du temps, mais il faut, pour que ce moment reste beau, qu'il reste unique. Tu comprends ce que je veux dire? »
« Pas trop, non ».
« Je veux dire que si on se revoyait, notre relation s'inscrirait immédiatement dans une sorte de quotidienneté qui enlèverait toute rareté à ce que nous avons vécu. Seules les choses rares ont de la valeur, tu es d'accord avec moi? »
« Oui, sûrement oui ».
« Et bien voilà Arielle, ... »
« Armelle »
« Oui Armelle – Bon Dieu mais tu t’es roulée dans un étal de loukoums à la rose ou quoi ? désolée de te dire ça mais tu empestes à dix kilomètres ».
« C’est mon parfum… »
« ...Bref. Armelle oui, tu vois nous avons vécu un moment rare, qu'il convient de ne pas gâcher. Si on se revoyait, on saurait immédiatement que nous passerions de nouveau la nuit ensemble. Il n'y aurait pas d'enjeu, pas de défi, pas de suspense. Seules les œuvres éphémères sont belles, l'improvisation est synonyme de moments de jouissance inédite, spontanée. Si on se revoyait, il n'y aura pas de spontanéité. Non, vraiment, pour que tu gardes une belle image de ce qui s'est passé cette nuit mieux vaut que nous en restions là, je pense que tu en conviendras, c'est mieux pour toi, d'autant plus que tu es le genre de fille pour qui un de ces moments suffit à être source de fantasmes pendant les trois prochaines années. Profite de cette chance que je t’offre de penser à toi, Armelle ».

« Tu as raison Benjamin, merci pour ce moment ».


Et elle n'avait plus jamais revu Benjamin.

Armelle, c’était un peu la Claudette Dusse de la Saint Valentin.
Sur le télésiège de l’amour, elle restait toujours en apesanteur, blottie dans ses rêves aux dessus d’une piste qu’elle finirait par redescendre seule, à pied.




Un 13 février comme les autres.
Un 13 février aux vitrines roses bonbons et aux publicités sucrées.


Armelle s'apprêtait à monter dans l'ascenseur, suivie de son caddie, quand elle tomba sur un inconnu.

Elle se méfiait toujours des inconnus dans son immeuble.


Ce genre de situation est toujours inconfortable, lorsque l'ascenseur est trop exigu.

On hésite à le prendre à deux, et à instaurer alors une proximité embarrassante, ou à prendre le suivant et laisser croire qu'on serait indisposé.

Elle l'invita à monter, par politesse.

Un silence gêné s'installa, de ces silences qui s'installent dans les ascenseurs même lorsque l'on est accompagné d'une personne de confiance. Comme si, à la moindre remarque, tout pouvait déraper.

« Vous allez à quel étage? »
« Quatrième ».
« Moi aussi ».
« Vous êtes nouveau? »
« Oui, je viens d'emménager ».
« Bon et bien... bienvenue alors ».
« Merci ».


L'inconnu s'apprêtait à entrer chez lui.
« Bogdan».
« Enchantée, Armelle ».


Alors qu'elle refermait la porte, Armelle se disait que ce nouveau voisin était plutôt charmant.

En cette veille de Saint Valentin, c'était peut-être un signe.


Elle venait de terminer de dîner et de faire sa vaisselle, quand on frappa à la porte.
C'était Bogdan.

Elle trouvait plutôt inconvenant qu'il s'enquît ainsi d'elle à cette heure tardive - il était au moins 21H00 - mais était intriguée.


Il la fixa pendant cinq longues secondes.
Normalement, on détourne le regard au bout d'une, ou deux secondes tout au plus, trois secondes marquent l’intérêt, cinq la provocation.
Mais elle le soutînt, comme hypnotisée.

Armelle n’aimait pas les garçons chauves.
Désagréable impression de glisser ses doigts dans le cou d’une tortue. Une Galapagos d’un mètre quatre-vingt-cinq, mais une tortue quand même.


Quand, une heure et demie plus tard, il s'assit sur le lit, elle regarda avec admiration son dos sculpté comme une statue de Michel-Ange.

Peut-être le vent avait-il tourné en une douce brise qui cette fois-ci, l'emporterait.

« Dis-moi, tu as une bonne relation avec ton père? »
La question était aussi saugrenue que surprenante.

« Euh, oui pourquoi? Enfin, bien sûr quand il me parle de ses tournois de bridge, il m'ennuie un peu, mais c'est un homme bien ».
« Rapports incestueux? Electre mal réglé? »
« Non, je, mais non... »
« Ta passivité au pieux. Tu es restée une victime qui refuse de grandir. Il y a forcément quelque chose. Tu fantasmes sur le viol? »
« Quoi? »
« Est-ce que tu fantasmes sur le viol? Tu sais qu’une majorité de femmes fantasment sur le viol. Les études l’ont démontré, les victimes de viol ne culpabilisent pas parce qu’elles n’ont rien pu faire, elles culpabilisent parce qu’elles ont pris leur pied ».
« Et bien je ne me sens pas concernée ! »


Bogdan se retourna soudainement, pour lui emprisonner les poignets contre le traversin.
« Tu es sûre? »
« Tu es cinglé ! »


Il regarda fixement, puis eu un rictus désaxé.
« Je plaisantais, dit-il en la relâchant ».
Armelle reprit sa respiration.


« Bon, c'est pas tout ça, mais je me lève tôt demain. Bonne nuit gamine ».


Il enfila sa chemise, son pantalon et quitta l'appartement les chaussures aux mains.


Une fois de plus, elle s'était faite avoir.


8H00 du matin.
Armelle n'avait pas dormi de la nuit.
Elle était restée immobile, momie égyptienne bordée de ses couvertures.
Au fur et à mesure de la nuit, elle les avait relevées jusqu’à ce qu’elles lui cachent le nez.

Une fois de plus, comme tous les ans, elle se réveillait seule dans son lit en ce 14 février.

Elle y avait cru, mais il n'était même pas resté jusqu'au petit matin, il n'avait même pas eu cette politesse.

Il lui paraissait pourtant très peu urbain de quitter le lit d’une femme dans la nuit du 13 au 14 février.


A onze heures, un jeune coursier qui était certainement deux fois moins vieux qu'Armelle sonna à la porte, pour lui apporter ses hortensias.
Elle les disposa minutieusement dans le simili vase Ming qui trônait sur sa commode.
Elle guettait le moindre signe de vie dans l'appartement voisin.


Après avoir déjeuné, elle se prépara pour aller faire quelques courses.
En passant dans le couloir, elle s'étonna de ne toujours rien entendre. Peut-être était-il parti tôt ce matin. Peut-être dormait-il encore.


« Bonjour madame, que désirez-vous? »
« Mademoiselle. Je voudrais un assortiment s'il vous plaît. Mais avec plus de lait que de noirs. Et des pâtes de fruits ».


Son sac aux armoiries de l'enseigne chocolatière à la main, Armelle rentra chez elle, croisant, comme chaque année, des files d'attente devant les fleuristes, et des hommes qui couraient les bijouteries en quête d'une petite fantaisie.


Elle redescendit l'impasse de son domicile.
Il ne pouvait pas lui avoir fait ça cette nuit, c'était injuste, comme pour mieux enfoncer le clou de sa solitude par défaut.

Non, il n'avait pas le droit.

C'est d'un pas plus rapide et décidé qu'elle monta les escaliers.
Pas d'ascenseur aujourd'hui.

Elle posa ses gants sur la table d'entrée, son manteau sur l'accoudoir du canapé et s'assit, son paquet sur les genoux.


Il ne pouvait pas.

Alors elle retourna frapper à sa porte.

Il lui ouvrir drapé d’une unique serviette de bain nouée sur la taille.
C’était tellement cliché.
Mais il ne fallait pas craquer.

« Tiens Murielle, »
« Armelle ! »
« Armelle, qu’est-ce que je peux faire pour toi ? »

Ne pas craquer, ne pas pleurer, ne pas lui dire qu’elle croyait qu’il pourrait être l’homme de sa vie, l’inconnu qui vous offre des fleurs.

« Rien, c’est plutôt moi qui te dois quelque chose… »

Avant même qu’il ne réponde, Armelle glissait déjà sa main sur son torse.

« Attends, qu’est-ce que tu fais ? »
« Chhhh… »

C’était comme si elle avait toujours su ce qu’il fallait faire, sans jamais avoir osé se lancer. Elle avait l’impression qu’une Mata-Hari intérieure avait soudainement pris les choses en main, qu’elle était en pilote automatique.

Puis ce fut un déchaînement de morsures, de chorégraphies sensuelles et violentes, jusqu’à ce qu’elle l’amène à s’asseoir sur une chaise du salon.

« Ne bouge plus… »

Elle s’assit sur lui et lui banda les yeux.
D’une main experte qui n’aurait rien à envier aux marins les plus aguerris, elle noua les poignets et les chevilles de Bogdan qui souriait appété.

« Tu aimes le chocolat ? »
« J’adore le chocolat… »

Armelle frôla la bouche de Bogdan d’une pyramide à la ganache noisette, le titillant jusqu’à finalement y engouffrer ses doigts.

Alors qu’il lui léchait ces derniers, elle s’empara d’un deuxième chocolat et lui fourra de nouveau dans la bouche.

Un troisième vînt le suivre.

« Attends, doucement… »
« Tu aimes ou non ? »
« Oui mais doucement ! »
« Tiens, prend un autre chocolat. »
« Mais arrête ! »

Bogdan mâcha péniblement pour finalement avaler le tout.
Il commença à tousser.

« Qu’est-ce que tu as ? »
« Tes chocolats, y a quoi dedans ? »
« Praliné, noisette, cognac, amande, … »
« Merde, je suis allergique à l’arachide. Arrête ça tout de suite. Et détache-moi, ça me démange de partout .»

Bogdan commençait à gonfler et rougir du visage, prenant peu à peu l’allure d’un ballon de baudruche ridicule.

« Tiens, un autre pour la route ? »
« Mais arrête, détache moi ! »

Ce fut une poignée de chocolats qu’Armelle fit ingurgiter à Bogdan, au bord de l’étouffement.

« Tu es folle !… Piqûre… »
« Quoi, tu n’as pas ta dose d’adrénaline là ? »

A la bûchette aztèque, son visage commença à devenir rubicond et boursouflé.

Au rocher pralin il fut pris de spasmes.

Au délice vanille Bogdan se contorsionnait dans tous les sens.

Il perdit finalement connaissance sur un cœur à la mangue.

Armelle l’installa sur le lit, prenant soin de le rattacher.

Elle inspecta tranquillement l’armoire à pharmacie, et revînt vers lui, une seringue à la main.

Elle le regarda longuement, satisfaite de son travail.

Puis, à cheval sur lui, lui planta violemment l’aiguille dans le bras.



Bogdan eu un sursaut, inspira, haleta.

Il regardait Armelle d’un air terrifié.

« Tu es complètement frappée !… »
« Tu as soif ? »

Après tout, elle ne pouvait pas le laisser crever comme ça.

La Saint-Valentin ne pouvait se fêter correctement qu’enrubannée de bulles de champagne.

« Je te sers une coupe ? »

Encore trop faible, Bogdan n’avait pas la force de défaire ses liens pour s’extraire du lit.

Il sursauta au son du bouchon éjecté, comme au cliquetis du chien d’un revolver un jour de chance à la roulette russe.

Elle revînt vers et porta une coupe à ses lèvres.

« Tiens, bois.»
« Arrêtes, fous-moi la paix ! »
« Bois je te dis!»
« Mais tu cherches à faire quoi ? »
« A te rendre ivre de moi au point que t’en crèves… »

Et Armelle lui mit le goulot à la bouche, lui pinçant le nez en même temps.

« Bois maintenant ! »


Elle commençait à trouver cela amusant, ce visage qui changeait progressivement de couleur et d’expression, ces yeux paniqués qui imploraient sa grâce, ces soubresauts dans les draps qui sentaient encore la lessive.

Enfin, il arrêta de gigoter.


A onze heures, la police vînt l’interpeller.

Le 14 février n’était plus qu’un amas sordide de chair et d’alcool.

Elle pouvait être rassurée, elle ne passerait pas la Saint-Valentin seule avant de nombreuses années.

Listen to "Fallait pas" by Astrée.

vendredi 29 janvier 2010

Because the Night



Crédits : R. O. Bento



Il est un moment de la journée que je n'écourterais pour rien au monde.


Je dépose rapidement mon manteau sur le lit, garde mon casque sur les oreilles, ouvre la fenêtre et allume une cigarette.




Je ne suis pas une vraie fumeuse, mais j'attends parfois toute la journée cet instant parfait. Une soirée qui se termine, ni trop tôt, ni trop tard, le dernier métro de deux heures moins le quart, mon ascension fatiguée des étages qui me séparent de ma chambre.





Les monuments sont éteints, les péniches et leurs passagers qui crient sous les ponts ne voguent plus, l'onde est calme.


Je profite de la quiétude de ce moment (*).


Ce moment où je maîtrise enfin vraiment le temps, où je suis hors du temps.


Ce moment où l'obscurité rencontre les espérances les plus folles, où la pénombre se fait écrin des songes les plus improbables.


Ce moment où aucun impératif trop réel ne se heurte à mes contes, à mes histoires sans queue ni tête.


Ce moment où l'on peut croire que demain, si on le voulait, nos phantasmes pourraient se réaliser d'un seul coup de baguette.


Quand on sait qu'aucun réveil ne viendra nous imposer de rapidement se vêtir des apparats de la ville.


Quand on ne demande plus aux réflexions d'être fondées ou pertinentes.


L'autre jour, un de mes amis a baptisé ce moment l'heure d'Astrée.

Allo Astrée ou les nuits des Sans-sommeil.


Enfin on peut m'appeler sans crainte que je ne doive couper la conversation par un métro à prendre, un double-appel ou un rendez-vous qui s'impatiente.


Pour certains, c'est une heure maudite, une heure de doute, voire d'angoisse.

Pour d’autres, c’est l’heure à laquelle on peut se retrouver, après une soirée à l’extérieur. Le coup de téléphone devient un peu comme une infusion que l'on partagerait, à la table de la cuisine, juste avant d’aller se coucher.


Je referme la fenêtre, et m'installe sur mon lit, tantôt pour retrouver quelques cordes qui accompagneront mes murmures ou mes égarements acoustiques, tantôt pour accueillir des personnages qui prosent sans le savoir.

Ils savent qu’à cette heure, personne ne viendra nous déranger.


Comme dirait l'autre, nous sommes tous dans le caniveau, mais certains regardent vers les étoiles.


Je ne sais plus quel artiste avait dit que s'il aimait regarder "Bonne nuit les petits", c'était notamment parce que Nounours et le Marchand de Sable passaient dans les HLM.


S'il y a bien une chose devant laquelle nous sommes égaux, du caniveau au palazzo, c'est d'avoir la candeur, l'insolence ou la faim de croire pendant quelques minutes ou quelques heures, aux constructions de paille que l'on compose, et sur lesquelles personne, à ce moment précis, ne saura souffler.
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Ce moment, un de mes meilleurs amis le traduit de façon plus brocardeuse ainsi :

"Astrée, tous les soirs, elle pleure devant sa fenêtre en se disant que putain la Tour Eiffel c'est beau, et que putain Paris c’est beau, et que putain la vie c’est beau quoi, et que ce soir elle a chopé personne, même pas un voisin pour essayer de la violer, et que si un jour y a un attentat sur la Tour Eiffel, et ben elle pleurera encore plus parce non seulement elle aura assisté à un putain de moment historique, mais en plus à cause à cause de l’explosion nucléaire elle ressemblera plus à rien et pourra encore moins se faire violer».
Oui, ça me fait rire.


mardi 12 janvier 2010

Kids will be alright

- Dis, tu veux pas qu’on fasse un enfant ? Enfin pas tout de suite là, mais plus tard.
- Plus tard quand je serai désespérée. Et je te rappelle que tu es sur liste d’attente, tu es le 3ème ou 4ème à me demander, je sais que votre horloge biologique tourne mais y a pas marqué uterus à louer, bail de 9 mois renouvelable. Et
en tout état de cause cela n’arrivera que si à 36 ans je vis avec mon boulot. Ou une dizaine de chats.
- En plus, je suis sûr que tu serais une bonne mère. Tu es intelligente, tu les éduquerais comme il faut.
Et puis tu es baisable.
- Contente d’apprendre que ce ne serait pas une corvée de me sauter pour me faire un gosse.
- Attends, je disais ça l’autre jour à N. il était d’accord avec moi, on serait pas maqués on te sauterait volontiers.
- Et gay. Vous ne seriez pas maqués et gays. Ca crée un gap quand même.
- Non, même.
- Hum, c’est plutôt flatteur ça. A moins que ce ne soit l’inverse, je ne sais pas.

* * *


- Tiens !
Quelques heures plus tôt, Un minois charmant de trois ans me faisait un grand sourire, me tendant un chien manifestement croisé avec un mouton invertébré.

Son paternel m’avait prévenue que la gamine avait un certain droit de veto sur les gens qu’il fréquentait. Autant dire que l’influence d’Elizabeth Teissier sur François Mitterrand était bien insignifiante à côté des impressions de la fillette, qui me donnaient l’impression de passer un entretien d’embauche avec le deuxième associé de la boîte. Dans le couple good cop / bad cop, le mauvais flic, l’impitoyable, ce serait peut-être elle, du haut de ses dizaines de centimètres et kilos toute mouillée.

Alors, quand une moufle minscule s'empara de ma main, je sus que j’étais adoubée, tel Benigni baisant les pieds de Scorsese à Cannes.

Le lendemain, alors que je scratchais les chaussures du fils d’une amie, je me visualisais avec une ribambelle d’enfants, tous issus de pères différents, de couples masculins qui graviteraient autour d’une maternité espagnole, à mi-chemin entre le Raidd Bar et la petite maison dans la prairie. Charles Ingalls, le facteur, un air de déjà vu…

Un jour, je m’étais entendue dire par une amie que si j’étais potentiellement une des amies la plus apte à donner de mauvaises idées à sa tendre progéniture, elle avait néanmoins toute confiance pour m’assigner en mission baby-sitting.
"Vous vous entendez bien tous les deux".
"J'avoue, j'ai parlé avec ton fils, et je crois que du haut de ses deux ans, nous sommes à peu près sur la même longueur d'onde".
Il faut croire qu'entre candides on se comprend.
Je me demandais si j’allais terminer en héroïne d’AbFab, qui tiendrait les cheveux des enfants des autres à leur première cuite, ou en mère au foyer parfaite, qui assignerait les siens à résidence jusqu’à 21 ans.

Peut-être quelque chose entre les deux.

J’ai beau me défendre en atelier Maman Gâteau Alsa, ma plus grande fierté fut sans doute d’avoir endormi un bambin au bord de la crise de nerf sur du Elvis Presley. Bon, l’épuisement avait dû aider.

Avec une inconstante de ma sorte, Dieu sait à quoi ressemblerait ma descendance…

Wise men say
Only fools rush in…